Point Master et monstrouilles

Puisque je reçois encore très régulièrement des questions sur la faisabilité d’une reprise d’études avec des enfants en bas âge, faisons un petit point sur le Master que je tente de passer cette année.

33ans, mariée, 3 jeunes enfants de 2-5-6ans et l’idée saugrenue de tenter un Master à distance.

Dans ma « promo » nous sommes quelques uns à avoir plus de 30ans, pas beaucoup certes mais bon. Quelques uns avec des enfants (vraiment 3 pelés mais bon). Le reste: de jeunes et joyeux vingtenaires qui parcourent le monde insouciamment 🙂

Soyons pragmatiques et résumons tout cela en petits « bullet points » (parce que je sors d’une dissert’ sur la littératie donc pas vraiment l’âme à disserter encore).

– Le Master c’est DIFFICILE! Voilà c’est dit. C’est pas un BEP, c’est pas un CAP, c’est pas une Licence, non c’est un fichu Master et c’est lourd (pas que je dénigre ceux qui veulent passer un CAP avec des enfants mais clairement ce n’a juste rien de comparable).
– Qui dit difficile dit demande beaucoup de temps et d’investissement et soyons réalistes avec trois jeunes enfants le temps est une denrée aussi rare que précieuse qu’illusoire. Donc une fois qu’on a passé les microbes des uns, les accidents des autres, la chute sur la neige, la rage de dent… il reste vraiment plus grand chose.
– On me dit souvent: « oh je ne pourrais pas, je ne sais pas comment tu arrives à te motiver »: alors oui ce n’est pas toujours facile de se motiver seule de chez soi, mais ce n’est pas vraiment le plus gros soucis, même très rarement en fait. Je me suis organisée des plages d’apprentissage, pas grand chose: je mets la bébé trois micro journée par semaine à la crèche, journées où les grandes vont à la cantine (sauf l’hiver…ce qui hop me bouffe 2h de plus par jour pendant plusieurs semaines), bref en résumé j’ai ces trois petits jours pour avancer du mieux que je peux, ce n’est vraiment pas beaucoup (calés sur les horaires d’école/crèche) donc pas le temps de chercher la motivation ou autre il faut juste avancer! (et je ne mets pas ma bébé à la crèche pour rien donc la pression fonctionne bien).
Je ne vais pas me plaindre non plus, il y en a qui bossent à 100%, ont des enfants et donc doivent en plus réviser les soirs et w-e (là c’est chaud franchement, mais faisable).
Bien entendu, les partiels approchant et la masse de travail quadruplant, je vais devoir me mettre à bosser soirs et w-e (mais honnêtement, mon cerveau n’est plus très frais le soir et le w-e là y a un vrai soucis de motivation!).

Passons à l’organisation de l’université et du Master en question: de la grosse merde (et je reste on ne peut plus polie), des profs qui n’en ont rien à foutre si ce n’est empocher leur fric, qui n’en branlent pas une et qui vous chargent les étudiants comme des mulets avec des mois de retard sur le planning pré-établi. Bref, c’est la fac dans toute sa splendeur.
Plein de devoirs de partout, zéro correction ou notations (faut pas rêver), pas de réponses aux questions, bref à distance c’est à distance c’est à dire seul.
Heureusement on se créait un petit cercle d’étudiants désespérés via Facebook et on pleure ensemble (c’est toujours mieux que seul) et surtout on essaie de se persuader de ne pas tout lâcher (chose qu’on a TOUS envie de faire de nombreuses fois durant l’année).
La clé c’est donc l’entraide et de ne pas rester isolé malgré la distance, car savoir qu’on galère tous bah l’air de rien ça aide.

Mais bon mais bon, ne croyez pas qu’il n’y ait que des points négatifs ^^ passons un peu au positif:
On apprend de nouvelles choses, on fait travailler les muscles de son cerveau, on se cultive, on s’interroge, on réfléchit, bref on avance même si on a souvent l’impression de patauger et que parfois ce qu’on doit apprendre ne nous intéresse pas toujours (voir pas souvent).
On fait des rencontres, des découvertes, cela ouvre de nouveaux horizons.
Et tout ça, ce n’est pas rien!
A la fin, avec un peu (beaucoup) de chance, on arrive même à avoir le diplôme ce qui ouvre encore un peu plus de perspectives.

Très honnêtement, dans la branche où je suis je pourrais très bien faire ce que je veux faire sans ce diplôme, ce n’est donc pas très important pour moi de l’avoir (enfin, tant qu’à faire ça serait mieux!). J’ai surtout fait cela pour les raisons évoquées ci-dessus: réfléchir, apprendre de nouvelles choses, en bref un challenge perso de plus même si souvent je me bafferais bien pour avoir eu une telle idée!
Mais avec trois jeunes enfants, reprendre le travail ce n’est pas évident, je veux du temps pour m’occuper d’elles comme je le souhaite et comme elles en ont besoin. Cependant, ne m’occuper que d’elles sans projet rien qu’à moi ça ne me paraît pas possible non plus.
C’est ainsi que je tente de jongler avec les deux, laissant toujours la priorité à mes monstrouilles, le Master est vraiment secondaire, je n’ai aucune pression ni obligation de résultats et ça c’est un sacré plus. Je ne compte d’ailleurs pas du tout le valider en un an mais en deux, ceci dit, si je ne valide pas les 2/3 cette première année, je pense que je laisserais tomber (et vu que j’ai 15 matières, ça fait déjà 10 à valider c’est pas gagné du tout). Je n’aurais peut-être jamais ce diplôme, mais ce que j’ai appris je l’aurais toujours.

Est-ce que je le conseillerais? Oui! Il est important de continuer à apprendre toute sa vie (c’est ainsi qu’on enraye le fléau de l’illettrisme), il est important de continuer à faire des choses pour soi également.
Mais idéalement: le faire sans pression! Sans obligation d’excellence et de résultats c’est mieux. Le faire pour soi, pour se faire plaisir même si c’est souvent difficile.

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NB: ceci expliquant pourquoi le blogounet est quelque peu DEAD! On se retrouvera mieux en juin 😉

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Une réflexion au sujet de « Point Master et monstrouilles »

  1. Allez, courage !! J’ai déjà commenté, ma voisine fait aussi un master, avec 2 monstres, elle aura 40 ans cette année, et elle doit faire 3h de trajet (aller/retour) pour aller à ses cours !!! Je vois à quel point c’est difficile, notamment le soir, elle est claquée, mais tout comme toi : contente de remettre ses neurones en service, et de faire de nouvelles rencontres !

    Rendez-vous en juin…

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